La bande originale de Tron composée par les Daft Punk est une petite merveille du genre. Certes il faut aimer le style BO mais alors même que le film tarde à sortir dans les salles, cette pièce de musique donne vraiment envie de voir la séquelle de Tron (sans compter Jeff Bridges).
Je ne m’attendais pas du tout à une telle livraison. En fait, comme beaucoup, je voyais cette sortie comme un nouvel album des Daft. Quelle surprise ! Après un morceau d’introduction qui n’est pas sans rappeler « Chariots of fire » de Vangelis et les deux morceaux suivants qui annoncent une montée en puissance electro avec leurs nappes de synthé, nous voilà plongés dans une Bo aux grandes envolées de cordes symphoniques mâtinées d’un soupçon d’électro. Une partition pour véritable orchestre, une pièce avec son thème récurrent. L’annonciation d’une aube légendaire (ce son de cor appelant dans le lointain), une vague prête à tout transcender qui nous entraine dans les paysages cinématiques de notre imagination. Ici la ville lumière de Blade Runner (encore Vangelis), les champs de blés paradisiaques d’un gladiateur (Hans Zimmer), une brise chargée venu de l’Olympe (celle de Gustav Holst pillé depuis des décennies par les compositeurs de cinéma) … une BO très inspirée dans tous les sens du terme.
Rassurez-vous, au milieu de tout ça , on se prend un petit shoot de grosse basse et claviers torturés Daft avec le single Derezzed qui permet de grimper plus haut dans le traitement de notre fameux orchestre symphonique. Potards poussés à fond, légers effets de reverb et autres compression viennent renforcer cuivres et cordes pour un rendu transportant. Une BO classique avec cette énergie sous-jacente que seuls les Daft savent insuffler.
Bref, comme d’habitude, les mots me manquent pour décrire de la musique et les sensations qu’elle procure. Je ne peux que vous conseiller d’écouter cette bande originale qui démontrent une fois de plus la maîtrise et le talent des versaillais. Ils ont su éviter les écueils : faire du Daft Punk, ressucer la BO originel de Wendy Carlos (qui a salement vieilli). La seule ombre au tableau pour ma part, j’ai peur d’être déçu par le film à présent.

